samedi 5 septembre 2026
L’ouvrage de Christian-Edziré Dequesnes est protéiforme, véritable chantier poétique
patiemment construit au fil de plus de vingt années. De quoi s’agit-il exactement ? Ici,
pas de farce, pas de provocation gratuite, pas de volonté d’initiation ou de révolution
littéraire, mais une œuvre qui ne saurait pour autant être prise à la légère. Les
poèmes déboulent comme une volonté de mettre sous nos yeux des figures et des
situations mythologiques du XXe siècle, toujours en prise, plus ou moins profonde,
avec le vécu de l’auteur.
Avec cet ouvrage, le lecteur est invité à croiser nombre d’éléments qui se sont
imposés à Christian-Edziré Dequesnes comme autant de mythes. Le poète cherche
avant tout à les partager et à les transmettre, avec l’émotion qui les accompagne et
le désir de faire entrer le lecteur dans cet univers qui lui est propre. Chaque poème
est accompagné de nombreuses notes qui, loin d’être secondaires, participent
pleinement à la compréhension et à la richesse de l’ensemble. L’auteur en précise
d’ailleurs la place et l’importance dans l’avant-propos du recueil.
Initialement, les Mabinogion, ou les quatre branches des Mabinogi, sont, en moyen gallois, quatre
ensembles de récits médiévaux, seul le dernier est constitué de poèmes, entre les XIIe et XVIe siècles, qui font référence à la mythologie celtique de l’Antiquité ; s’y ajoutent également d’autres textes relevant de la légende
arthurienne.
Cet ouvrage est la prelière saison d'un singulier monstre poétique et littéraire, une gageure sérieuse, qui
nous rappelle que l’érudition de chacun -l’auteur compris- n’est jamais terminée,
jamais véritablement atteinte dans sa finalisation. - Nicole Veyet.
Un vers arithmonyme est un vers construit selon une contrainte numérique :
le vers annonce un nombre, et sa structure respecte exactement ce nombre.
Il existe deux grandes acceptions du terme, selon les poètes et les traditions.
1. Sens strict (Oulipo, contraintes textuelles)
Dans ce sens, un vers arithmonyme est un vers où le nombre de lettres correspond au nombre énoncé dans le vers.
Exemple :
« Ce vers contient vingt‑quatre lettres »
→ Le vers doit comporter 24 lettres (sans compter les espaces).
C’est une forme autoréférentielle, proche des jeux oulipiens :
le vers parle de lui-même,
la contrainte est combinatoire,
très peu de mots français sont de vrais arithmonymes (où le mot a autant de lettres que le nombre qu’il désigne).
2. Sens moderne (Ivar Ch’Vavar et la Picardie Mentale)
Ivar Ch’Vavar emploie le terme dans un sens différent :
un vers arithmonyme est un vers défini uniquement par le nombre de mots.
Dans Hölderlin au mirador, tous les vers comptent exactement onze mots.
Ce n’est donc pas une métrique syllabique, mais une métrique verbale :
pas d’alexandrins,
pas de décompte de syllabes,
le rythme naît du nombre de mots,
la diction devient presque musicale, scandée.
Cette forme sert à :
abolir les règles classiques,
créer une prosodie orale,
inventer un rythme discontinu, syncopé,
inscrire la poésie dans la « Grande Picardie Mentale », projet collectif et expérimental de Ch’Vavar.
🧩 En résumé
Vers arithmonyme peut désigner :
Un vers dont le nombre de lettres correspond au nombre qu’il énonce (sens oulipien).
Un vers construit avec un nombre fixe de mots (sens ch’vavarien).
Inscription à :
Articles (Atom)