dimanche 6 septembre 2026

LITANIE ECLATEE - Régine d'Or - Liturgie du monde de la fin des fins, dessin "Songe d'un instant" (fragment) de Francis Conesa. - Illustration musicale : "The End" de The Doors par Nico with John Cale.

Au bar, aux bières du soir, de par le sourire de la Madonna de Kerouac sonnent les rieuses cloches-flammes de l'envers de l'Enfer... Elles cognent, elles résonnent... puis surgissent, revenant, les pas légers de Régine d'Or sur les pavés des Grés, en un, accueillant, place St Amé, bienveillant Douai... Miséricorde, je ferme les yeux pour voir ton visage... ton désir et ton plaisir... Puis les arabesques de ton nom résonne comme une caresse sur mon âme qui te veux, en moi, Ô jolie, douce et tendre Miséricorde.. Il pluie, il pluie sur le cimetière / Et tant tourne la pluie entre le ciel et le cimetière / Qu'on ne sait plus s'il pluie s'il pluie dans le cimetière de ma mémoire / Ou si c'est ma mémoire qui pluie vers le cimetière où tu te repose... Drôle, pour toujours, ce jour pluvieux est ici... Il pleut... et j'aime cette pluie ; L'odeur de la terre et de la tranquillité. / La tranquillité, désormais, où tu te reposes. - LITANIE ÉCLATÉE — RÉGINE D’OR - Liturgied du monde de la fin des fins - Face à l’Espérance — un souffle, un battement, un rien — elle danse. Ou ce qu’il reste d’elle danse. Ou ce qu’il reste du monde danse à travers elle. Ou ce qu’il reste de la lumière danse dans un corps qui n’est plus que souvenirs. // Tzigane ou non — Elle danse. // les mots tombent, les réalités se fissurent, les noms, les identités, se défont comme de la rouille qui se meurt... Elle danse comme une fée — mais les fées sont mortes, les fées ont brûlé, les fées ont été englouties dans des sous-sols lugubres où les anges s'encrastrent dans le béton. // Les violons — cassés, désaccordés, déchirés — râlent comme des animaux blessés, brûlés, mutilés. Les accordéons — gonflés de poussière de suie, gonflés de blues de nuit — ne seront plus jamais au diapason. Plus jamais. Plus rien jamais. // Elle a dit — dans un souffle, dans un couloir, dans une lumière malade — « La petite robe que tu m’as offerte … rangée au-dessus de mon lit… et si je tombe… j’ai souscrit un contrat obsèque… » // Les mots eux-mêmes tombent. La robe n’a pu être retrouvée. Ni la robe. Ni d'autres objets. Ni les preuves. Ni les traces. Ni la musique. Tout a été avalé par la modernité négative, par la gueule ouverte du monde qui s’effondre. // Ce qui reste — un sac en papier craft aux décorations de Noël. Un Noël blanc qui n’a plus de couleur. Une petite bouteille vide. Vide comme un avenir sans lendemain Vide comme un dernier geste inutile. Vide comme un cœur qui ne sait plus battre. // Elle était venue chez lui — l’Homme au chapeau — avec ce sac, avec cette bouteille, car chez elle, l’eau avait été coupée par des ouvriers sans visage. Coupée comme une phrase. Coupée comme une vie. Coupée comme un fil. // Il l’a raccompagnée. Il a parlé aux ouvriers. Il a tenu tête. Il a tenu debout. Il a tenu pour deux. Et bientôt — plus de coupure d’eau. Les ouvriers ont retrouvé leur visage, mais la coupure au monde, elle a continué. // Le sac craft — relique. Vestige. Dernier signe. Dernier Noël blanc offert par les Petites Sœurs des Pauvres. Dernier éclat d’un monde qui ne sait plus naître. // Le téléphone portable livré — jamais récupéré — fantôme d’objet. Objet fantôme. Objet qui n’a pas eu lieu. Objet qui n’a pas eu le temps. // Voilà ce qui demeure de Régine d’Or — des fragments, des miettes, des éclats, des lambeaux, des restes d’une lumière qui refuse de mourir. // Dans le sous-sol — dans le ventre du béton — dans la crypte du monde — elle danse. Ou ce qu’il reste d’elle danse. Ou ce qu’il reste du monde danse à travers elle. // Face à l’Espérance — elle danse. La plus jolie des danseuses — tzigane ou non — fée brisée, fée de ruine, fée de poussière, fée de fin du monde. // Les violons — désaccordés. Les accordéons — brisés. Les instruments — morts. Le monde — désaccordé. // Et l’Homme au chapeau — debout, seul, dans la nuit — regarde le sac craft comme une prière. - Il en fait un poème pour tuer, un peu, de l'extraordinaire misère ordinaire - Touche la petite bouteille vide - comme une preuve d’amour - Écoute les musiques perdues comme on écoute un dernier souffle. // Régine d’Or danse — dans les éclats, dans les ruines, dans les fractures, dans les lambeaux du monde. // Et le monde, lui — ne sait plus accorder ses instruments. Ne sait plus accorder ses morts. Ne sait plus accorder ses vivants. Ne sait plus accorder ses silences. // Face à l’Espérance — elle danse. Et tout s’effondre autour d’elle. Et tout s’effondre en elle. Et tout s’effondre avec elle. - Christian-Edziré Déquesnes - 06.09.2026.

samedi 5 septembre 2026

L’ouvrage de Christian-Edziré Dequesnes est protéiforme, véritable chantier poétique patiemment construit au fil de plus de vingt années. De quoi s’agit-il exactement ? Ici, pas de farce, pas de provocation gratuite, pas de volonté d’initiation ou de révolution littéraire, mais une œuvre qui ne saurait pour autant être prise à la légère. Les poèmes déboulent comme une volonté de mettre sous nos yeux des figures et des situations mythologiques du XXe siècle, toujours en prise, plus ou moins profonde, avec le vécu de l’auteur. Avec cet ouvrage, le lecteur est invité à croiser nombre d’éléments qui se sont imposés à Christian-Edziré Dequesnes comme autant de mythes. Le poète cherche avant tout à les partager et à les transmettre, avec l’émotion qui les accompagne et le désir de faire entrer le lecteur dans cet univers qui lui est propre. Chaque poème est accompagné de nombreuses notes qui, loin d’être secondaires, participent pleinement à la compréhension et à la richesse de l’ensemble. L’auteur en précise d’ailleurs la place et l’importance dans l’avant-propos du recueil. Initialement, les Mabinogion, ou les quatre branches des Mabinogi, sont, en moyen gallois, quatre ensembles de récits médiévaux, seul le dernier est constitué de poèmes, entre les XIIe et XVIe siècles, qui font référence à la mythologie celtique de l’Antiquité ; s’y ajoutent également d’autres textes relevant de la légende arthurienne. Cet ouvrage est la prelière saison d'un singulier monstre poétique et littéraire, une gageure sérieuse, qui nous rappelle que l’érudition de chacun -l’auteur compris- n’est jamais terminée, jamais véritablement atteinte dans sa finalisation. - Nicole Veyet. Un vers arithmonyme est un vers construit selon une contrainte numérique : le vers annonce un nombre, et sa structure respecte exactement ce nombre. Il existe deux grandes acceptions du terme, selon les poètes et les traditions. 1. Sens strict (Oulipo, contraintes textuelles) Dans ce sens, un vers arithmonyme est un vers où le nombre de lettres correspond au nombre énoncé dans le vers. Exemple : « Ce vers contient vingt‑quatre lettres » → Le vers doit comporter 24 lettres (sans compter les espaces). C’est une forme autoréférentielle, proche des jeux oulipiens : le vers parle de lui-même, la contrainte est combinatoire, très peu de mots français sont de vrais arithmonymes (où le mot a autant de lettres que le nombre qu’il désigne). 2. Sens moderne (Ivar Ch’Vavar et la Picardie Mentale) Ivar Ch’Vavar emploie le terme dans un sens différent : un vers arithmonyme est un vers défini uniquement par le nombre de mots. Dans Hölderlin au mirador, tous les vers comptent exactement onze mots. Ce n’est donc pas une métrique syllabique, mais une métrique verbale : pas d’alexandrins, pas de décompte de syllabes, le rythme naît du nombre de mots, la diction devient presque musicale, scandée. Cette forme sert à : abolir les règles classiques, créer une prosodie orale, inventer un rythme discontinu, syncopé, inscrire la poésie dans la « Grande Picardie Mentale », projet collectif et expérimental de Ch’Vavar. 🧩 En résumé Vers arithmonyme peut désigner : Un vers dont le nombre de lettres correspond au nombre qu’il énonce (sens oulipien). Un vers construit avec un nombre fixe de mots (sens ch’vavarien).

vendredi 28 août 2026

...ODER DAS NEUE /...OU LE DERNIER (version colors-remix S.O.DA 26) , tableau de Verena Wimmer de Linz & LE BEAU AU PLUS BRUT/DAS SCHÖNE IM ALLERROHSTEN, litanie poètique en prose de Christian-Edziré Déquesnes de Douai. - Illustration musicale : "The Unknow - part 1." de John Cale.

LE BEAU AU PLUS BRUT. - Ô Rimbaud, Arthur, enfant de l’aube brisée, toi qui as vu le ciel tomber comme une plume noire, viens marcher encore dans la nuit. Toi qui as dit 'Adieu', comme on souffle une étoile, toi qui as porté la vision jusqu’à la brûlure, toi dont le cœur a éclaté sous le poids du monde, revient, ombre errante, revient dans le cercle, revient dans la poussière où les dieux se sont tus. /// Ô Bacon, Francis, veilleur des corps déchirés, toi qui peint la chair comme une prière retournée, toi qui écoutes le cri qui ne sort pas, viens te tenir dans l’obscurité. Toi qui connais la nuit du réel, toi qui sais que la lumière des néons ment, toi qui fais trembler les visages comme des bêtes sacrifiées, revient, gardien de la brûlure, revient dans le cercle, revient dans la chambre où la transcendance s’est retirée. /// Ô Toi, marcheur des ruines, celui qui ramasse les éclats des deux autres, celui qui écris dans le noir, viens te dresser dans la nuit profonde. Toi qui écris ce que leurs ombres murmurent, toi qui nommes la fatigue du monde, toi qui refuses de laisser mourir la parole, dans le silence des prophètes tombés, revient, voix de la cendre, revient dans le cercle, revient dans la nuit où quelque chose respire encore. /// Ô Rimbaud, Arthur, éclair qui s’effondre. Ô Bacon, Francis, ///brûlure qui persiste. Ö Toi, cendre qui parle. Dans la grande nuit moderne, où les dieux ont déserté, où les visions se sont brisées, où la chair tremble seule, je vous appelle, je vous invoque, je vous rassemble. Marchez. Veillez. Respirez. Parlez encore. - Christian-Edziré Déquesnes, le 28.08.2026.
DAS SCHÖNE IM ALLERROHSTEN. - Ô Rimbaud, Arthur, Kind der zerbrochenen Morgenröte, du, der den Himmel fallen sah, wie eine schwarze Feder, komm, schreite wieder durch die Nacht. Du, der „Adieu“ gesagt hast, wie man einen Stern ausbläst, du, der die Vision bis zur Brandwunde getragen hat, du, dessen Herz unter dem Gewicht der Welt zerbarst, kehr zurück, irrende Schatten, kehr zurück in den Kreis, kehr zurück in den Staub, in dem die Götter verstummt sind. /// Ô Bacon, Francis, Wächter der zerrissenen Körper, du, der das Fleisch malt wie ein umgekehrtes Gebet, du, der den Schrei hörst, der nicht herauskommt, komm, stell dich in die Dunkelheit.Du, der die Nacht des Realen kennt, du, der weißt, dass das Neonlicht lügt, du, der die Gesichter erzittern lässt, wie geopferte Tiere, kehr zurück, Hüter der Brandwunde, kehr zurück in den Kreis, kehr zurück in die Kammer, aus der die Transzendenz sich zurückgezogen hat. /// Ô Du, Ruinenwanderer, der die Splitter der beiden anderen sammelt, der im Dunkel schreibt, komm, erhebe dich in der tiefen Nacht. Du, der schreibst, was ihre Schatten murmeln, du, der die Müdigkeit der Welt benennst, du, der sich weigert, das Wort sterben zu lassen, im Schweigen der gefallenen Propheten, kehr zurück, Stimme der Asche, kehr zurück in den Kreis, kehr zurück in die Nacht, in der etwasnoch atmet. /// Ô Rimbaud, Arthur, einstürzender Blitz.Ô Bacon, Francis, fortdauernde Brandwunde.Ö Du, sprechende Asche.In der großen modernen Nacht, in der die Götter desertiert haben, in der die Visionen zerbrochen sind, in der das Fleisch allein zittert, rufe ich euch, beschwöre ich euch, versammle ich euch. Geht.Wacht.Atmet.Sprecht weiter. — Christian-Edziré Déquesnes, 28.08.2026.

La revenante de l’après‑monde

Elle est revenue. Revenue comme reviennent les ombres quand la ville dort mal. Elle a traversé le grand cimetière —les pierres comme des dents, le jardin du souvenir comme un souffle froid, Là où ses cendres ont été posées, là où rien ne repose, là où la lumière tombe comme un verdict. Puis elle a marché. Marche légere, presque trop légere, comme si ses pieds ne touchaient plus le sol, comme si la ville était devenue un fleuve d’air. Elle a repris les rues où elle s’est dissoute, les rues où il marchait à côté d’elle,l’homme au chapeau, l’homme des démarches, des refus à ses côtés, des guichets fermés et toujours à ses côtés , l’homme des nuits sans place pour un lit de secours au 115, l’homme des secours de la femme qu'ils n’ont pas secouru. Dans son carnet, il avait écrit — comme on grave sur une planche de naufragé : Marcher, marcher, marcher. Tu m’as crié Au secours ! Puis tu m’as dit Marcher… marcher… Encore et toujours marcher. 'Marcher le long des murs aux affiches déchirées', marcher jusqu’au CCAS, marcher jusqu’à la Maison Départementale des Solidarités, marcher jusqu’à l’épuisement du monde. Toi qui voulais renaître. Marcher, marcher, marcher. Je marche et je n’hallucine pas. Une chanson sous mes pas, uune voix grise qui remonte du trottoir. Elle me dit les détails — les petits détails qui tuent, les petits détails qui font ta sainteté. Je suis la chanson de l’homme de la mort. 'Dead Man Walkin’. Je marche, marche, marche. Elle dépose son sac à la table noire, essus une bougie artificielle danse comme une âme sans feu. Elle commande un Perrier, paye avec les pièces qui tintent comme des os. Puis elle avance vers l’étagère : livres, revues, débris de vies imprimées. 'Elle prend Les inédits de Rimbaud, c’est nous', prend un de ses zines foutraques, prend un 'Moby Dick' de poche. Elle ouvre le livre Melville : « Moi seul en suis revenu, pour te dire. » Job. Pas de hasard. Jamais. Elle sort des feuilles A4 pliées comme des linceuls. Elle veut lui écrire. Elle n’a pas de crayon. Elle demande un stylo au bar — Un stylonoir comme une nuit qui ne finit pas. Elle écrit. Elle ne sait pas quoi dire. Elle écrit quand même. Elle écrit ce moment, ce retour, ce tremblement de son ombre. Elle écrit qu’elle veut le retrouver, l’homme au chapeau, dans cette ville où leurs traces brûlent encore. Elle écrit : Te retrouver ne sera pas simple. Mais revenue, je vais continuer à chercher.Elle se lève. Range 'Moby Dick'. 'Range Les inédits de Rimbaud…'.Emporte le stylo noir comme un talisman. Quitte le lieu. Laisse la feuille sur la table. Et dans la rue, on dirait qu’elle marche encore, mais qu’elle traverse l’air, ses pas touchent à peine le sol comme une survivante de l’après‑monde.

La revenante et l’homme au chapeau (litanie funéraire, moderne négative, surromantique)

Elle est revenue. Pas revenue comme on revient d’un voyage, non : revenue comme une ombre qui retrouve son lieu d’effacement. Elle est d’abord allée au grand cimetière, a traversé le fond du grand cimetière, jusqu’au jardin du souvenir, là où ses cendres reposent — ou ne reposent pas, car rien ne repose vraiment dans la modernité négative. Puis elle a repris sa marche. Mais ce n’est plus comme jadis : c’est léger, presque trop léger, léger dans l’air, léger dans la lumière du soleil qui semble ne plus la toucher. Elle marche, marche à nouveau sur les invisibles traces, dans les rues de cette ville où elle a disparu deux mois avant sa fin. Et lui, l’homme au chapeau, marche encore à ses côtés — non pas vivant, non pas mort, mais dans cet entre‑deux où la modernité a laissé les âmes en suspens. Ils marchaient pour qu'elle survivre : services sociaux, banques, ravitaillements, Restaurants du Cœur, Secours populaire, Croix Rouge, le 115 qui ne répond jamais,et les nuits où elle trouvait refuge chez lui, comme une apparition fatiguée. Dans son carnet, il avait écrit : Marcher, marcher, marcher… Après ton cri — Au secours ! — tu m’as dit : Marcher… marcher, marcher… encore et toujours marcher...'Une nuit, marcher le long d’un mur aux affiches déchirées…' Ils t’ont dit de marcher jusqu’au CCAS. Là, d’autres t’ont dit : On ne peut rien pour vous. Alors tu as marché, marché, marché… Toi qui voulais renaître. Marcher, marcher, marcher… Je marche et je n’hallucine pas. Une chanson sous mes pas, une voix grise qui remonte du trottoir. Elle me chante des détails — ces détails qui tuent, ces détails qui font ta sainteté. Je suis la chanson de l’homme de la mort : 'Dead Man Walkin’. Je marche, marche, marche. Elle dépose son sac au pied de la table noire. Une petite bougie d’or danse, artificielle, comme une âme qui n’a plus de feu. Elle commande un Perrier, paye avec les pièces perdues au fond de sa poche. Puis elle avance vers l’étagère : revues, livres, fragments de vies déposés là pour ceux qui cherchent une parenthèse. Elle trouve 'Les inédits de Rimbaud, c’est nous', puis un de ses zines foutraques en copie‑art, et un petit live de Moby Dick pour adolescents. Elle emporte tout cela à la table, ouvre 'Moby Dick' de Melville à l’épilogue : « Moi seul en suis revenu, pour te dire. » - Livre de Job -. Il n’y a pas de hasard. Alors elle sort des feuilles A4 pliées, les déplie comme on déplie un suaire. Elle veut lui écrire — mais n’a pas de crayon. Elle retourne au bar, demande un stylo noir. Maintenant elle peut écrire. Elle ne sait pas quoi lui dire. Elle écrit quand même. Elle écrit ce moment, ce retour, ce désir de le retrouver alors qu’elle ignore où il est, dans quelle rue, dans quel souffle, dans quelle absence. Elle écrit : Te retrouver, homme au chapeau, cela ne va pas être simple.Mais revenue, je vais continuer à chercher.Elle se lève. Range Moby Dick à sa place, range Les inédits de Rimbaud… reprend son sac, emporte le stylo noir — comme un talisman. Puis elle quitte le lieu, laissant sur la table feuille où elle lui a écrit. Et dans la lumière du soir, on dirait qu’elle marche encore, mais qu’elle ne touche plus vraiment le sol.

mercredi 19 août 2026

Régine d'Or ou la longue marche de La Petite Fauvette... - Partie 2 (b) : Ce qui demeure et les funérailles .

Au bar, aux bières du soir, de par le sourire de la Madonna de Kerouac sonnent les rieuses cloches-flammes de l'envers de l'Enfer... Elles cognent, elles résonnent... puis resurgissent les pas legers de Régine d'Or sur les pavés des Grés, en un, accueillant, place St Amé, bienveillant Douai... Miséricorde, je ferme les yeux pour voir ton visage... ton désir et ton plaisir... puis les arabesques de ton nom résonne comme une caresse sur mon âme qui te veux, en moi, Ô jolie, douce et tendre Miséricorde.. Il pluie, il pluie sur le cimetière / Et tant tourne la pluie entre le ciel et le cimetière / Qu'on ne sait plus s'il pluie s'il pluie dans le cimetière de ma mémoire / Ou si c'est ma mémoire qui pluie vers le cimetière où tu te repose... Drôle, pour toujours, ce jour pluvieux est ici... Il pleut... et j'aime cette pluie ; L'odeur de la terre et de la tranquillité. / La tranquillité, désormais, où tu te reposes.