samedi 29 août 2026
vendredi 28 août 2026
...ODER DAS NEUE /...OU LE DERNIER (version colors-remix S.O.DA 26) , tableau de Verena Wimmer de Linz & LE BEAU AU PLUS BRUT/DAS SCHÖNE IM ALLERROHSTEN, litanie poètique en prose de Christian-Edziré Déquesnes de Douai. - Illustration musicale : "The Unknow - part 1." de John Cale.
LE BEAU AU PLUS BRUT. - Ô Rimbaud, Arthur, enfant de l’aube brisée, toi qui as vu le ciel tomber comme une plume noire, viens marcher encore dans la nuit. Toi qui as dit 'Adieu', comme on souffle une étoile, toi qui as porté la vision jusqu’à la brûlure, toi dont le cœur a éclaté sous le poids du monde, revient, ombre errante, revient dans le cercle, revient dans la poussière où les dieux se sont tus. /// Ô Bacon, Francis, veilleur des corps déchirés, toi qui peint la chair comme une prière retournée, toi qui écoutes le cri qui ne sort pas, viens te tenir dans l’obscurité. Toi qui connais la nuit du réel, toi qui sais que la lumière des néons ment, toi qui fais trembler les visages comme des bêtes sacrifiées, revient, gardien de la brûlure, revient dans le cercle, revient dans la chambre où la transcendance s’est retirée. /// Ô Toi, marcheur des ruines, celui qui ramasse les éclats des deux autres, celui qui écris dans le noir, viens te dresser dans la nuit profonde. Toi qui écris ce que leurs ombres murmurent, toi qui nommes la fatigue du monde, toi qui refuses de laisser mourir la parole, dans le silence des prophètes tombés, revient, voix de la cendre, revient dans le cercle, revient dans la nuit où quelque chose respire encore. /// Ô Rimbaud, Arthur, éclair qui s’effondre. Ô Bacon, Francis, ///brûlure qui persiste. Ö Toi, cendre qui parle. Dans la grande nuit moderne, où les dieux ont déserté, où les visions se sont brisées, où la chair tremble seule, je vous appelle, je vous invoque, je vous rassemble. Marchez. Veillez. Respirez. Parlez encore. - Christian-Edziré Déquesnes, le 28.08.2026.
DAS SCHÖNE IM ALLERROHSTEN. - Ô Rimbaud, Arthur, Kind der zerbrochenen Morgenröte, du, der den Himmel fallen sah, wie eine schwarze Feder, komm, schreite wieder durch die Nacht. Du, der „Adieu“ gesagt hast, wie man einen Stern ausbläst, du, der die Vision bis zur Brandwunde getragen hat, du, dessen Herz unter dem Gewicht der Welt zerbarst, kehr zurück, irrende Schatten, kehr zurück in den Kreis, kehr zurück in den Staub, in dem die Götter verstummt sind. /// Ô Bacon, Francis, Wächter der zerrissenen Körper, du, der das Fleisch malt wie ein umgekehrtes Gebet, du, der den Schrei hörst, der nicht herauskommt, komm, stell dich in die Dunkelheit.Du, der die Nacht des Realen kennt, du, der weißt, dass das Neonlicht lügt, du, der die Gesichter erzittern lässt, wie geopferte Tiere, kehr zurück, Hüter der Brandwunde, kehr zurück in den Kreis, kehr zurück in die Kammer, aus der die Transzendenz sich zurückgezogen hat. /// Ô Du, Ruinenwanderer, der die Splitter der beiden anderen sammelt, der im Dunkel schreibt, komm, erhebe dich in der tiefen Nacht. Du, der schreibst, was ihre Schatten murmeln, du, der die Müdigkeit der Welt benennst, du, der sich weigert, das Wort sterben zu lassen, im Schweigen der gefallenen Propheten, kehr zurück, Stimme der Asche, kehr zurück in den Kreis, kehr zurück in die Nacht, in der etwasnoch atmet. /// Ô Rimbaud, Arthur, einstürzender Blitz.Ô Bacon, Francis, fortdauernde Brandwunde.Ö Du, sprechende Asche.In der großen modernen Nacht, in der die Götter desertiert haben, in der die Visionen zerbrochen sind, in der das Fleisch allein zittert, rufe ich euch, beschwöre ich euch, versammle ich euch. Geht.Wacht.Atmet.Sprecht weiter. — Christian-Edziré Déquesnes, 28.08.2026.
La revenante de l’après‑monde
Elle est revenue. Revenue comme reviennent les ombres quand la ville dort mal. Elle a traversé le grand cimetière —les pierres comme des dents,
le jardin du souvenir comme un souffle froid, Là où ses cendres ont été posées, là où rien ne repose, là où la lumière tombe comme un verdict.
Puis elle a marché. Marche légere, presque trop légere, comme si ses pieds ne touchaient plus le sol, comme si la ville était devenue un fleuve d’air. Elle a repris les rues où elle s’est dissoute, les rues où il marchait à côté d’elle,l’homme au chapeau, l’homme des démarches, des refus à ses côtés, des guichets fermés et toujours à ses côtés , l’homme des nuits sans place pour un lit de secours au 115, l’homme des secours de la femme qu'ils n’ont pas secouru. Dans son carnet, il avait écrit — comme on grave sur une planche de naufragé : Marcher, marcher, marcher. Tu m’as crié Au secours ! Puis tu m’as dit Marcher… marcher… Encore et toujours marcher. 'Marcher le long des murs aux affiches déchirées', marcher jusqu’au CCAS, marcher jusqu’à la Maison Départementale des Solidarités, marcher jusqu’à l’épuisement du monde. Toi qui voulais renaître. Marcher, marcher, marcher. Je marche et je n’hallucine pas. Une chanson sous mes pas, uune voix grise qui remonte du trottoir. Elle me dit les détails — les petits détails qui tuent, les petits détails qui font ta sainteté. Je suis la chanson de l’homme de la mort. 'Dead Man Walkin’. Je marche, marche, marche. Elle dépose son sac à la table noire, essus une bougie artificielle danse comme une âme sans feu. Elle commande un Perrier, paye avec les pièces qui tintent comme des os. Puis elle avance vers l’étagère : livres, revues, débris de vies imprimées. 'Elle prend Les inédits de Rimbaud, c’est nous', prend un de ses zines foutraques, prend un 'Moby Dick' de poche. Elle ouvre le livre Melville : « Moi seul en suis revenu, pour te dire. » Job. Pas de hasard. Jamais. Elle sort des feuilles A4 pliées comme des linceuls. Elle veut lui écrire. Elle n’a pas de crayon. Elle demande un stylo au bar — Un stylonoir comme une nuit qui ne finit pas. Elle écrit. Elle ne sait pas quoi dire. Elle écrit quand même. Elle écrit ce moment, ce retour, ce tremblement de son ombre. Elle écrit qu’elle veut le retrouver, l’homme au chapeau, dans cette ville où leurs traces brûlent encore. Elle écrit : Te retrouver ne sera pas simple. Mais revenue, je vais continuer à chercher.Elle se lève. Range 'Moby Dick'. 'Range Les inédits de Rimbaud…'.Emporte le stylo noir comme un talisman. Quitte le lieu. Laisse la feuille sur la table. Et dans la rue, on dirait qu’elle marche encore, mais qu’elle traverse l’air, ses pas touchent à peine le sol comme une survivante de l’après‑monde.
La revenante et l’homme au chapeau (litanie funéraire, moderne négative, surromantique)
Elle est revenue. Pas revenue comme on revient d’un voyage, non : revenue comme une ombre qui retrouve son lieu d’effacement. Elle est d’abord allée au grand cimetière, a traversé le fond du grand cimetière, jusqu’au jardin du souvenir, là où ses cendres reposent — ou ne reposent pas, car rien ne repose vraiment dans la modernité négative. Puis elle a repris sa marche. Mais ce n’est plus comme jadis : c’est léger, presque trop léger,
léger dans l’air, léger dans la lumière du soleil qui semble ne plus la toucher. Elle marche, marche à nouveau sur les invisibles traces, dans les rues de cette ville où elle a disparu deux mois avant sa fin. Et lui, l’homme au chapeau, marche encore à ses côtés — non pas vivant, non pas mort,
mais dans cet entre‑deux où la modernité a laissé les âmes en suspens. Ils marchaient pour qu'elle survivre : services sociaux, banques, ravitaillements, Restaurants du Cœur, Secours populaire, Croix Rouge, le 115 qui ne répond jamais,et les nuits où elle trouvait refuge chez lui,
comme une apparition fatiguée. Dans son carnet, il avait écrit : Marcher, marcher, marcher… Après ton cri — Au secours ! — tu m’as dit : Marcher… marcher, marcher… encore et toujours marcher...'Une nuit, marcher le long d’un mur aux affiches déchirées…' Ils t’ont dit de marcher jusqu’au CCAS. Là, d’autres t’ont dit : On ne peut rien pour vous. Alors tu as marché, marché, marché… Toi qui voulais renaître. Marcher, marcher, marcher… Je marche et je n’hallucine pas. Une chanson sous mes pas, une voix grise qui remonte du trottoir. Elle me chante des détails — ces détails qui tuent, ces détails qui font ta sainteté. Je suis la chanson de l’homme de la mort : 'Dead Man Walkin’. Je marche, marche, marche. Elle dépose son sac au pied de la table noire. Une petite bougie d’or danse, artificielle, comme une âme qui n’a plus de feu. Elle commande un Perrier, paye avec les pièces perdues au fond de sa poche. Puis elle avance vers l’étagère : revues, livres, fragments de vies déposés là pour ceux qui cherchent une parenthèse. Elle trouve 'Les inédits de Rimbaud, c’est nous', puis un de ses zines foutraques en copie‑art, et un petit live de Moby Dick pour adolescents. Elle emporte tout cela à la table, ouvre 'Moby Dick' de Melville à l’épilogue : « Moi seul en suis revenu, pour te dire. » - Livre de Job -. Il n’y a pas de hasard. Alors elle sort des feuilles A4 pliées, les déplie comme on déplie un suaire. Elle veut lui écrire — mais n’a pas de crayon. Elle retourne au bar, demande un stylo noir. Maintenant elle peut écrire. Elle ne sait pas quoi lui dire. Elle écrit quand même. Elle écrit ce moment, ce retour, ce désir de le retrouver alors qu’elle ignore où il est, dans quelle rue, dans quel souffle, dans quelle absence. Elle écrit : Te retrouver, homme au chapeau, cela ne va pas être simple.Mais revenue, je vais continuer à chercher.Elle se lève. Range Moby Dick à sa place,
range Les inédits de Rimbaud… reprend son sac, emporte le stylo noir — comme un talisman. Puis elle quitte le lieu, laissant sur la table feuille où elle lui a écrit. Et dans la lumière du soir, on dirait qu’elle marche encore, mais qu’elle ne touche plus vraiment le sol.
mercredi 19 août 2026
Régine d'Or ou la longue marche de La Petite Fauvette... - Partie 2 (b) : Ce qui demeure et les funérailles .
Au bar, aux bières du soir, de par le sourire de la Madonna de Kerouac sonnent les rieuses cloches-flammes de l'envers de l'Enfer... Elles cognent, elles résonnent... puis resurgissent les pas legers de Régine d'Or sur les pavés des Grés, en un, accueillant, place St Amé, bienveillant Douai... Miséricorde, je ferme les yeux pour voir ton visage... ton désir et ton plaisir... puis les arabesques de ton nom résonne comme une caresse sur mon âme qui te veux, en moi, Ô jolie, douce et tendre Miséricorde.. Il pluie, il pluie sur le cimetière / Et tant tourne la pluie entre le ciel et le cimetière / Qu'on ne sait plus s'il pluie s'il pluie dans le cimetière de ma mémoire / Ou si c'est ma mémoire qui pluie vers le cimetière où tu te repose... Drôle, pour toujours, ce jour pluvieux est ici... Il pleut... et j'aime cette pluie ; L'odeur de la terre et de la tranquillité. / La tranquillité, désormais, où tu te reposes.
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