mercredi 10 juin 2026

Régine d'Or ou la longue marche de La Petite Fauvette... - Suite 8 du roman surromantique. - ..., le montage photographique est de Nicoles Veyet, version no color mix de S.O.D.A 26 et le portrait de Régine est de Francis Conesa de Hénon en Bretagne. - Illustration musicale : "Tout ce que je veux" de Les Désaxés avec Hervé Zerrouk.

Elle marche, elle rêve qu'elle marche ailleurs, il pleut sur ton coeur mais elle marche / Elle marche à ton bras et elle te nomme "Mon chérie", elle en rêve / Elle marche vers et pour une vie autre, demain elle marchera pour aller refaire sa carte d'identité / Elle marche alors qu'elle dort, elle marche, elle cours, elle se sauve et elle crie dans nuit... elle se réveille en sursaut, elle l'a aussi réveillé... / Elle marche, vraiment confuse et anxieuse, vers lui, s'excse et ajoute, "J'ai encore fait un cauchemar, tu vas e mettre dehors ? ", c'est un non catégorique qu'il lui réponds ; "mais je n'ai plus de somnifére, tu n'as rien, toi, pour dormir ? Non ! Demain, nous téléphonerons à ton médecin / Elle marche ainsi depuis combien de temps ?... sans traitement, sans argent, sans téléphone... il lui demande ...elle ne sais plus vraiment, elle se souvient qu'elle... / Elle marche au moins depuis avant Noël, le jour de Noël, elle a marché jusqu'aux petites soeurs des pauvres pour ne pas être seule et pour le repas / Elle marche donc comme cela depuis au moins presque deux mois puisque nous sommes mi-février / Elle marche pour aller au secours populaire, elle marche pour trouver des mégots de cigarettes qu'elle ramasse et qu'elle met dans son sac à main / Elle marche plus jusqu'aux distributeurs automatiques car sa banque a résilié son compte pourtant il lui restait de l'argent du dernier versement de sa maigre pension de retraite ; à la banque, ils lui ont dit d'ouvrir un autre compte ailleurs... nous verrons cela demain, dit-il, maintenant il nous faut nous reposer / Elle marche jusqu'au lit pliant... puis elle fait demi tour et elle marche jusqu'à la porte de la chambre, "j'ai peur", elle tremble, "Je peux venir m'allonger à tes côtés ?", il acquiesce, "Oui, il faut que l'on dorme, demain, nous avons du pain sur la planche / Elle est si fatiguée qu'il ne peut pas lui refuser cela, elle s'allonge à ses côtés, elle lui murure "tu as un bon matelat... merci, bonne nuit.", il ferme la lumière de sa lampe de chevet et, déjà, à la respiration, il sait qu'elle s'est endormie... si fatiguée de marcher, de marcher...

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