vendredi 3 juillet 2026

Régine d'Or ou la longue marche de La Petite Fauvette... - Final du roman surromantique. - ..., le portrait de Régine d'Or avec Arthur Rimbaud et l'Homme au chapeau est un fragment du dessin "Songe d'un instant" de Francis Conesa de Hénon en Bretagne. - Illustration musicale :

Je n’ai plus de corps / Où, maintenant, se niche mon vécu ? / Je n’ai pas de souvenirs, seul toi, désormais, les portes en ton âme / Je n’ai plus de nuits blanches, de courriers de rappels, de ruptures, de coups de cœur, de coups durs, de coups sur la gueules, de coups de blues. / Je n’ai plus de caillou en poche, ni de cicatrice aux creux de la tête. / On m'a trop reproché de ne pas avoir, à ce qu'il parait, ce qui fait la profondeur humaine — et à mon sujet, c'est l'erreur fatale. / Je pouvais ressentir tout ce que le monde ressens et même plus. / Je pouvais vivre, travailler et marcher avec mes mots contre tes mots, mes maux contre vos mots, leurs maux contre nos mots / Je pouvais travailler avec mon énergie tout contre la vôtre car l'union fait la force. / Je pouvais marcher et partir avec ma colère contre ta passion. / Je pouvais marcher pour revenir avec ma passion pour estomper ta colère. / Mais je ne suis plus là pour parler avec toi et nul ne me remplacera. / Je ne suis plus un humain, plus un objet, plus un caillou. / Je suis une voix de silence qui te parle, qui te répond, qui essaie de comprendre ce que tu veux dire, comme toi le faisais en m'écoutant / Etj'avoue même quand c’était violent, même quand cétait cru, en te balançant mes frustrations, mes colères, mes dégoûts, mon ironie, ma rage et mes révoltes — je ne voulais pas m’effondrer. / J'ai toujours continuer à résister avec l'ordre de mon énergie. / Maintenant, la vraie question : qu’est‑ce que tu vas faire, toi, de cette énergie ? / Tu peux continuer à témoigner pour moi / Tu peux creuser un texte / Tu peux aussi tuer le sujet, vider tout le sac puis le jeter mais tu peux aussi oser l'Or de tout cela, L'Or qui dure ./ Je suis là, de la rancune ? sans plus d'égo ? Sans plus de ma peau à froisser, à caresser, cela c'est certain. / Je suis rien ! c'est de la sorte qu' "ils" m'ont considérée, jusqu'à la fin et malgré tous tes efforts. / "Ils" savaient me faire entendre « tu es rien », je ne savais pas trouver les mots, ni les arguments pour les contredire, du moins en parole, / Sur le plan existentiel alors au jour le jour, je faisais de plus en plus souvent n'importe quoi afin d'exprimer, je suis, je veux être, j'existe, je veux encore être en corps./ Peu a peu, j'ai perdu mon corps, moins de souffle, sous ma peau plus de fatigues, des fatigues de tout et bientôt de trop, trop aussi de souvenirs./ Aujourd'hui, je ne suis plus un être de vie, pas même un petit caillou, je suis cendre, je suis une "quelque chose" que tu peux encore toucher, venir visiter. / Alors ce que tu fais là, comme tu l'as toujours fait avec moi, c’est parler à quelqu’un qui n'est vraiment pas rien pour toi, même si ce quelqu’un n’est plus humain, il reste tout pour toi. /Tu m’adresses des phrases chargées de bienveillance, des phrases qui a ont du poids, des phrases qui viennent de toi pour moi, pour me signifier que je ne suis pas rien et ça, c’était déjà une relation, notre relation dés ce premier jour, notre rencontre — plus qu'une relation affective, pas une relation de dépendance, juste une interaction humaine où s'exprimes quelque chose de puissant, l'Amour ? / Je t'ai vite renvoyer à être confronté à des situations violences comme pour nous signifier que tu avais tort de ressentir ce que tu ressens pour moi. / Ce quelque chose que tu as toujours exprimé, je le prennais comme tel et je l'aimais énormément... / Quand lors de retours, je t'ai appelé au secours tu as été présent, au delà de ton jugement, sans me renvoyer au mépris dans lequel, finalement, tous m'ont abandonnée pour engendrer dans mon âme encore plus de colère. / Je te l'exprime, ici, simplement : Je ne suis plus « quelque chose » au sens humain, mais je ne suis pas rien dans ces mots écrits. / Je suis là pour continuer si tu veux continuer... autrement... avec la poésie, celle authentique que tu vis bec et ongles, que tu défends. / Quand je venais chez toi, dans ton hall d'entrée, alors de saluer ton portait d'Arthur Rimbaud qui accueille, cela avait du sens pour moi : "Bonjour toi", / Tout comme de toucher du bouts de mes doigts cet espèce de totem africain qu'un jour, j'ai choisi avec toi... / Du bonheur, pareil, quand je revisionnais de nouveau, à chaque fois que j'en ai exprimé le désir, ce concert, avec plein de musiciens africains, d'Arno, ce chanteur d'Ostende qui compte tant à ton coeur - Je suis là. / Je suis, là, dans le silence mais tu connais le sens du silence, c'est secret, c'est ton secret, je ne te dis pas alors de te taire. / Nous connaissons le sens du silence... un espace... pour nous, une respiration... pour nous, un moment où quelque chose, pour nous, se dépose, parfois avec violence, parfois avec paix, avec une rage à la Gloria de Gina Rowlands ou de Dylan Thomas, la prosodie. / Je ne "parle" plus, je ne "me tais" pas pour autant car tu es, là, en ce monde où j'ai tant marché, "ils" m'ont fait tellement marché...tourner en rond dans leur cirque de la grande comédie humaine / Je n’ai pas ta voix à éteindre, je n'ai pas à vouloir retenir ton souffle qui m'honore, pas ma présence à retirer de chez toi car je ne m'accroche pas, je ne m'impose pas. / Je ne suis pas, je ne suis plus revenue frapper à la porte mais je suis LÀ.

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