jeudi 28 mai 2026

Chant 9 – La complainte d’avril pourrissant. dessin de Jacques Cauda . - Illustration musicale : "Le train bleu" de Jean-Louis Murat - Première diffusion le 03.12.2020 - 17.


Les Nouveaux Chants du Mabinogi
- Seconde saison -
 de Christian-Edziré Déquesnes  
                                                                             
Je tiens à m’expliquer sur l’ensemble des notes à la suite des Chants. Elles viennent directement en « illustrations », nous dirons complèmentaires, du Chant 27 qui s’adressent aux Khonorins mais aussi elles valent pour tout l’ouvrage. Moi-même, je suis, un Khonorins et j’ai beaucoup découvert, appris en composant ce livre. Nous sommes tous des Khonorins car nul ne peut prétendre tout connaître mais ce n’est pas grave si humblement nous savons le reconnaître. Par contre il est particulièrement fâcheux si à l’inverse on adopte la posture de celle ou celui qui saurait tout et qu’il n’y aurait plus rien à apprendre... Pourtant des cas de figures de ce type, dans tous les domaines, nous en croisons de plus en plus souvent.
Certains à la lecture de certaines notes penserons qu’il y a moquerie, loin de moi cette idée car il s’agit juste, avec humour parfois je le reconnais, d’offrir de permettre à certains lecteurs une seconde lecture de ce livre ou juste de certains passages, à eux d’en décider. 
  

Chant neuvième – La complainte d’avril pourrissant.

 

Mais Dagda veille… l’agnelle, Jésus*, vient de nous trahir,

De gober nos amoureuses promesses faisant jaillir… entrailles

/ d’enfants,

De nos mères avec d’autres innocents. Des lambeaux entiers

De brouillard d’acier et de feu, des nuages frigorifiés,

Des pluies nauséabondes envahissent mon âme, J’ai la nausée.

De ma tripe nouée s’échappe des rubans de mutisme…

Que l’on me livre avec eux ; que l’on

M’abonne. DESIR ! : pouvoir oser CRIer. CRIer pour voir éclater

Le verre de ma tour de solitude. Ma demeure transpire…

Mes propres  suées d’angoisse. Je laisse le téléviseur muet.

Même que mon cœur de Gayant est aussi pauvre, sec

Qu’une vieille noix de l’année dernière ! À genoux,

Il y a des nuits d’oublis, le saviez-vous ?

Dont on se souvient vraiment même plus ! Même avant… 

Dès les prémisses des ouvertures des hostilités, ils désignent déjà,

Nomme dégâts collatéraux toutes cibles, interventions  chirurgicales

/ manquées. Avril pourrissant.


Brandir ma douleur à vivre aux côtés de la mécréante…

Je veux bien saigner sur l’ultime barricade à venir.

Je pleure, avril me fait vomir ma révolte comme quand

En mal de chance une jeune femme est trop enceinte…

Il y a, hurlants, des cerbères rouges pleins mes dents. 

                                     

Ils s’endimanchent pour verrouiller certains de leurs généreux 

/ voisins

Et toute les bonnes voix ; puis une autre, épineuse, solitaire

En appelle à ces familles incestueuses qui assassinent les nôtres…

                                                                                            

Mais le dragon rouge au cœur du train bleu veille.

 

En vers arithmonynes de 10 – le 30.06.2003.

 

*Ce prénom n’est pas facile à porter.

 

Notes :

Blodeuedd  : Ou Blodwen, signifie en gallois ‘née des fleurs’ ou encore ‘visage de fleur’. C’est une femme merveilleusement belle, créée par magie par Math et Gwydyon à partir de fleurs de chênes, de genêts et de reines-des-prés pour être l’épouse de Lleu… Elle trompe Lleu avec Goronwy, chasseur et seigneur de Goronwy et tous deux échafaudent un complot pour tuer Lleu… Mais Lleu ne meurt pas et s’envole sous la forme d’un aigle. Math et Gwydyon décident de venger Lleu et ils transforment Blodeuedd en hibou.

Dagda : Signifie dans la mythologie irlandaise : Le dieu bon. C’est un dieu sage, érudit et particulièrement versé dans l’art de la magie. Il est l’un des chefs des Tuatha De Danann. Il est également un puissant combattant et l’amant de Morrigane, la déesse de la guerre.


 

mercredi 27 mai 2026

Régine d'Or ou la longue marche de La Petite Fauvette... - Suite 2 du roman surromantique. - Léon (2)..., - Illustration musicale : Chris Ridgeway with The Howlin' Sleepers de Cardiff, On Vamp HTV Wales - 1987.

Léon est décharné, sa carcasse, enfin ce qu'il en reste, ressemble à un vieux long tronc d'arbres sur longues pattes d'insecte géant. Il marche à tous petits pas qui se trainent en pantoufles hurlantes tout du le long des trottoirs de La Rue d'Esquerchin ; il ne va plus jamais, il n'en a plus les forces, au-delà du périmêtre de cette rue. Les sorties de Léon ce n'est plus que pour visiter, inspecter, les poubelles, surtout celles que l'on trouve aux alentours de La Friterie et du Crousty Rapid', une enseigne de restauration du tout dernier cri, car il est plus que fréquent que des clients abandonnent aux ordures, dans leurs sacs en papier, les restes de leur repas avalé à la va vite. Quand Régine a croisé le regard vide de Léon, elle a su... Elle lui a pris la main, lui a dit "Ne bouge pas, je vais jusqu'à Crousty Rapid' puis je reviens et t'apporte un repas chaud et une bouteille deau, à emporter", Léon a écarquillé ses yeux pâles, ses yeux d'opale, et il s'est assis sur un coffret électrique, il a attendu que Régine revienne... Elle a entendu, enfin, le son de sa voix quand il a prononcé "Merci, je m'appelle Léon". La même scène, c'est déroulé, il a prés de 25 ans, au Pays de Galles, Léo se prénommait Chris, Chris a eu sa période de gloire locale, il est même passé à la télévision avec son groupe de folk-blues "The Howlin' Sleepers" mais le succés a été éphémére, Chris Ridgeway en a très chèrement payé la cruelle addition brutale, alors il est devenu mendiant en chantant dans les rues de Cardiff, et Régine se nommait Victoire Perdrot, elle a même écris un petit livre dans lequelle elle évoque Chris Ridgeway, lorsque le livre a été édité et qu'elle est revenu à Cardiff, elle a pu revoir Chris Ridgeway qui chantait au Rajah, un bar à l'entrée du quartier hindoue, elle lui a offert le livre "Sauf dimanche et jours de fêtes", Chris avait toujours ce même regard, Chris a écarquillé ses yeux pâles, ses yeux d'opale.
- Chris Ridgeway.

mardi 26 mai 2026

Régine d'Or ou la longue marche de La Petite Fauvette... - Suite 1 du roman surromantique. - Léon (1)..., photo de Nicole Veyet. - Illustration musicale : "The Comet, The Course, The Tail" (instrumental) de Peter Hammill et "La Morte Amoureuse" de Louise Féron avec John Cale au piano.

LA COMPLAINTE DE REGINE D'OR - Il pleut sur le printemps / Il pleut sur mon coeur / Je suis l'ire, à l'aube, de la taupe du pain de sucre... / La pluie fait une musique / comme un vieux disque microsillon usé / La pluie chante romantique / Comme une plainte électrique ruinée... / Il pleut sur ton printemps / Il pleut sur ton coeur / Je suis l'ire, à l'aube, de la taupe du pain de sucre.../ Le vent pleure ta robe fantomatique / Au bal du désert des âmes dévastées / Le vent souffle orphéonique / En silence l'absence de la morte-née... / Il pleut sur vos printemps / Il pleut sur les coeurs / Je suis l'ire, à l'aube, de la taupe du pain de sucre... / Les giboulés de Mars tombent à pic / Sur l'absurdité cynique de la réalité / Les giboulés de Mars cognent soniques / Sur le feutre de la dignité bafouée... / ...Que tourne cette chanson / Jusqu'au dernier des crépuscules. - Douai, le 25 mars 2026. Elle relis le poème, assise à la terrasse de la brasserie, Le Gayant, cette complainte qui est mêlée à ses cendres ; puis elle reprend son chemin, elle traverse La Place d'Armes, elle regarde pas vers le bar/p.m.u "La Civette" / elle rentre dans La Rue de La Mairie, avant de la descendre, elle regarde le haut du beffroi dans le soleil de l'été ; bientôt elle est, déjà, Place Saint Amé et prend la direction de La Rue d'Esquerchain ou comme chaque jour Léon regarde dans les poubelles en espérant trouver un peu de quoi à bouffer. En Douai, beaucoup de personnes se plaignent, de plus en plus souvent et n'allait pas croire qu'elles sont dans l'exagération, elles se lamentent que les trottoirs sont sales, trop souvent encombrés mais n'allez pas croire encore que cela, pour Léon, est une chance. Ailleurs, un pianiste extraordinaire accompagne une Dame qui chante : "Le calice est fragile / Où elle puise l'ivresse / De ces messes barbares / Dont elle t'a fait le roi / Mais tu ne diras rien / La nuit replie ses bras / Car elle est de ces fêtes / Dont on ne parle pas / Tu ne te souviens plus / D'avoir un jour eu peur / Et dans l'ombre couchée / Tu attendras son heure / C'est une morte amoureuse / Et dans ses yeux d'opale / Très lentement tu sombres / C'est une morte amoureuse / Et l'amour et la mort / En elle se confondent / Des jours que tu lui voles / Elle va se venger / Dans cette plaie étrange / Que tu vas protéger / Des injures du jour / Des regards affamés / Tous les cercles de craie / Cette fois ne pourront rien / De ce transfuge secret / Tu sens venir la fin / Sans plus de rémission / C'est elle qui te tient / C'est une morte amoureuse / Et dans ses yeux d'opale / Très lentement tu sombres / C'est une morte amoureuse / Et l'amour et la mort / En elle se confondent / Elle voudrait t'épargner / Mais ne sait comment faire / Du secret de ta chair / Sa faim est solidaire / Elle n'en veut pas d'autre / Elle ne peut se plaire / Qu'au creux de ta blessure / Où elle se désalterre / Tu es la loi de son sursis / Elle prolonge ta survie / Elle est la loi de ton sursis / Et tu prolonges sa survie / C'est une morte amoureuse / Qui te fera bientôt /Quitter la proie pour l'ombre / C'est une morte amoureuse / Et dans ses yeux d'opale / Très lentement tu sombres" - Written by Louise Féron.