mardi 26 mai 2026
Régine d'Or ou la longue marche de La Petite Fauvette... - Suite 1 du roman surromantique. - Léon (1)..., photo de Nicole Veyet. - Illustration musicale : "The Comet, The Course, The Tail" (instrumental) de Peter Hammill et "La Morte Amoureuse" de Louise Féron avec John Cale au piano.
LA COMPLAINTE DE REGINE D'OR - Il pleut sur le printemps / Il pleut sur mon coeur / Je suis l'ire, à l'aube, de la taupe du pain de sucre... / La pluie fait une musique / comme un vieux disque microsillon usé / La pluie chante romantique / Comme une plainte électrique ruinée... / Il pleut sur ton printemps / Il pleut sur ton coeur / Je suis l'ire, à l'aube, de la taupe du pain de sucre.../ Le vent pleure ta robe fantomatique / Au bal du désert des âmes dévastées / Le vent souffle orphéonique / En silence l'absence de la morte-née... / Il pleut sur vos printemps / Il pleut sur les coeurs / Je suis l'ire, à l'aube, de la taupe du pain de sucre... / Les giboulés de Mars tombent à pic / Sur l'absurdité cynique de la réalité / Les giboulés de Mars cognent soniques / Sur le feutre de la dignité bafouée... / ...Que tourne cette chanson / Jusqu'au dernier des crépuscules. - Douai, le 25 mars 2026. Elle relis le poème, assise à la terrasse de la brasserie, Le Gayant, cette complainte qui est mêlée à ses cendres ; puis elle reprend son chemin, elle traverse La Place d'Armes, elle regarde pas vers le bar/p.m.u "La Civette" / elle rentre dans La Rue de La Mairie, avant de la descendre, elle regarde le haut du beffroi dans le soleil de l'été ; bientôt elle est, déjà, Place Saint Amé et prend la direction de La Rue d'Esquerchain ou comme chaque jour Léon regarde dans les poubelles en espérant trouver un peu de quoi à bouffer. En Douai, beaucoup de personnes se plaignent, de plus en plus souvent et n'allait pas croire qu'elles sont dans l'exagération, elles se lamentent que les trottoirs sont sales, trop souvent encombrés mais n'allez pas croire encore que cela, pour Léon, est une chance. Ailleurs, un pianiste extraordinaire accompagne une Dame qui chante : "Le calice est fragile / Où elle puise l'ivresse / De ces messes barbares / Dont elle t'a fait le roi / Mais tu ne diras rien / La nuit replie ses bras / Car elle est de ces fêtes / Dont on ne parle pas / Tu ne te souviens plus / D'avoir un jour eu peur / Et dans l'ombre couchée / Tu attendras son heure / C'est une morte amoureuse / Et dans ses yeux d'opale / Très lentement tu sombres / C'est une morte amoureuse / Et l'amour et la mort / En elle se confondent / Des jours que tu lui voles / Elle va se venger / Dans cette plaie étrange / Que tu vas protéger / Des injures du jour / Des regards affamés / Tous les cercles de craie / Cette fois ne pourront rien / De ce transfuge secret / Tu sens venir la fin / Sans plus de rémission / C'est elle qui te tient / C'est une morte amoureuse / Et dans ses yeux d'opale / Très lentement tu sombres / C'est une morte amoureuse / Et l'amour et la mort / En elle se confondent / Elle voudrait t'épargner / Mais ne sait comment faire / Du secret de ta chair / Sa faim est solidaire / Elle n'en veut pas d'autre / Elle ne peut se plaire / Qu'au creux de ta blessure / Où elle se désalterre / Tu es la loi de son sursis / Elle prolonge ta survie / Elle est la loi de ton sursis / Et tu prolonges sa survie / C'est une morte amoureuse / Qui te fera bientôt /Quitter la proie pour l'ombre / C'est une morte amoureuse / Et dans ses yeux d'opale / Très lentement tu sombres" - Written by Louise Féron.
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