lundi 25 mai 2026
Régine d'Or ou la longue marche de La Petite Fauvette... - Début de roman surromatique. - Illustrations musicales : "La Fauvette" de Gérard Manset & "Renaître" de PIGALLE/François Hadji Lazaro.
Elle est revenue, elle est d'abords allée au grand cimetière, passée le fond du grand cimetiere, jusqu'au jardin du souvenir, là, où, il a déposé ses cendres ; puis elle a repris sa marche, mais ce n'est pas comme jadis, c'est léger, léger dans l'air, léger dans la lumière du soleil, elle marche, marche à nouveau sur les invisibles traces dans les rues de cette ville qu'elle a paruru durant les deux derniers mois de son existance , il était à ses côtés quand elle marchait, marchait... il l'accompagnait pour solliciter les services sociaux, trouver une nouvelle banque, aller aux ravitaillements : restaurant du coeur, secours populaire,Croix Rouge, au 115 - hébergement d'urgence où il n'y avait jamais de place alors elle trouvait refuge chez lui; d'ailleurs dans son carnet, quelques après qu'ils se soient retrouvés, il a écrit : - 1. Marcher, marcher, marcher... / Après m'avoir crié "Au secours !" / Tu m'as dit "Marcher... / Marcher, marcher..." encore et toujours Marcher... et j'en es marre "Une nuit, marcher le long d'un mur aux affiches déchirées..."* /...Ils t'ont dit de marcher jusqu'au Centre Communale d'Actions Social / Et, là, d'autres t'ont dit "Ici, on ne peut rien pour vous,... / Il faut aller à la Maison Départementale des Solidarités" / Alors tu as marché, marché, marché... / Toi qui voulait renaître... - 2. Marcher, marcher, marcher... /Je marche et je n'hallucine pas, / J'entends une chanson... dessous mes pas, / Une voix qui vient de sous le trottoir. / Voix ni blanche, ni noire, une voix grise... / Elle me chante des détails... / Ces détails me reviennent à l'esprit.../ Certains petits détails qui tuent... / Car ces petits détails font ta sainteté, /Je marche et je n'hallucine pas, / Je suis la chanson de l'homme de la mort... / "Dead Man Walkin'" / ...Je marche, marche, marche... (le 01.05.2026.). - Elle dépose son sac à main au pied de la ronde table noire sur laquelle une petite bougie d'or danse de sa flamme artificielle ne brulera personne, elle commande au bar un Perrier avec une rondelle de citron, elle paye avec la monnaie qui reste au fond de sa poche, avant d'aller se rassoir à la table, elle s'avance jusque vers l'étagére ou il y a des bouquins, des revues déposées, là, et à la disposition de ceux qui viennent ici se payer un moment de parenthèse, elle y trouve l'ouvrage collectif "Les inédits de Rimbaud, c'est nous qu'il a coordonné, aussi de ses revues-zines foutraques en copie-art, en noir et blanc, qu'il crée, aux côtés de ce cela, dans une édition de poche pour adolescent MOBY DICK qu'elle emporte jusqu'à la table, alors elle ouvre l'oeuvre de Herman Melville à la page de l'épilogue annonce "Moi seul en suis revenu, pour te dire - Livre de Job ; il n'y a pas de hasard. Puis elle sort de son sac à main des feuilles A4 pliéés en deux, elle déplie une feuille sur la table, elle veut lui écrire mais elle n'a pas de crayon, elle retourne au bar en demande un, maintenant c'est avec un stylo à encre noire qu'elle peut lui écrire, elle ne sait pas vraiment quoi lui signifier mais elle veut lui écrire alors elle s'applique à noter des mots, des phrases, sur la feuille vierge qui raconte simplement ce moment, ce moment, ou elle revient pour le retrouver alors qu'elle ignore où il est, elle mesure que la situation est complexe, elle écrit "...te retrouver, homme au chapeau, cela ne vas pas être simple mais revenue, je vais continuer à chercher. Elle a fini d'écire, elle se lève, range MOBY DICK à sa place, à côté de "Les inédits de Rimbaud...", elle reprend son sac, emporte le stylo noir emprunté au bar, elle quitte le lieu laissant sur la table ce qu'elle lui a écris. - Le 24.05.2026.
- Le portrait de La Petite Fauvette est de Francis Conesa.
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